Maladie du leurre et maladies du bois : solutions modernes à un problème ancien
La maladie de l’esca de la vigne est un ensemble de maladies causant des dommages importants dans toutes les régions viticoles du monde, dont l’étiologie et l’épidémiologie n’ont pas encore été totalement élucidées. La lutte directe contre les maladies du bois reste difficile en raison de l’absence de fongicides efficaces et de la difficulté de faire pénétrer les ingrédients actifs dans le bois. La prévention est actuellement la seule approche permettant de limiter leur impact, en accordant une attention particulière aux plaies de taille.
On attribue souvent un rôle marginal à la contribution du génotype de la vigne et/ou du porte-greffe au développement de la maladie, une variable qui semble au contraire jouer un rôle déterminant sur l’incidence et la gravité des symptômes ; bien que l’on ne connaisse pas à ce jour de variétés résistantes à l’esca malaria, dans les mêmes conditions pédoclimatiques, le génotype joue un rôle crucial, quel que soit le type de greffon et de clone adopté.
La recherche cherche des solutions innovantes pour lutter contre la maladie de l’esca : le CREA-VE de Conegliano (TV), en collaboration avec les pépinières coopératives Rauscedo, expérimente l’application de la technologie de l’interférence ARN pour induire une réponse de défense de la plante. Une autre ligne de recherche envisage l’utilisation de nouvelles molécules basées sur l’acide jasmonique pour leur capacité à ralentir la colonisation des tissus ligneux par les champignons impliqués dans le syndrome de l’esca.
Les rapports reproduits dans ces films ont été présentés lors de l’édition 2021 d’Enoforum Italia (18-20 mai 2021) dans le cadre du module organisé en collaboration avec Vivai Cooperativi Rauscedo.
Comprendre et gérer la maladie de l'appât et les maladies du bois
Olivier Viret, Institut Agroscope Changins-Wädenswil
Les maladies du bois causent des dommages importants dans toutes les régions viticoles du monde. Les espèces fongiques isolées sur des plantes saines et sur des plantes présentant des symptômes de la maladie de l’esca sont presque les mêmes, mais diffèrent des communautés fongiques des porte-greffes. Sur le territoire suisse, les champignons pathogènes décrits dans Esca mal, Black dead arm, Eutipiosis et Escoriosis sont présents à la fois dans les vignes présentant des symptômes foliaires et dans les plantes saines échantillonnées dans les mêmes vignobles.
Chez les plantes affectées, le flux lymphatique est fortement altéré, en raison de la colonisation des vaisseaux conducteurs par des champignons, mais aussi en raison de blessures ou de stress liés au climat ou au type de sol.
La lutte directe contre les maladies du bois reste difficile en raison de l’absence de fongicides efficaces et de la difficulté de faire pénétrer les ingrédients actifs dans le bois. La prévention est actuellement la seule approche permettant de limiter l’impact des maladies du bois. Il convient notamment de prêter attention à la taille des plaies de taille, car elle est directement corrélée à la portion de bois sec qui se forme dans les tissus sous-jacents. Les expériences de boutures racinées inoculées avec des mycorhizes et/ou des champignons antagonistes du genre Trichoderma n’ont pas encore démontré leurs effets à long terme.
Les études sur les maladies du bois doivent intégrer de nombreux paramètres tels que la sensibilité variétale au stress climatique, le type de porte-greffe, la gestion du sol et de l’eau, la vigueur et enfin la taille. Il semble que certaines formes de culture, comme la pergola du Trentin ou la « bellussera », présentent une incidence plus faible des maladies du bois, peut-être parce qu’elles respectent davantage le port naturel de liane de la plante. Des observations similaires ont été faites en France, dans la région de Champagne, avec le système de taille « chablis », qui permet de rajeunir régulièrement jusqu’à quatre troncs par pied.
La maladie du leurre du point de vue de la vigne : le mot des variétés !
Elisa De Luca, Pépinières coopératives de Rauscedo
Ia maladie de l’esca de la vigne est un complexe de maladies dont l’étiologie et l’épidémiologie n’ont pas encore été entièrement clarifiées. Dans la bibliographie scientifique, une grande attention est consacrée à l’étude des communautés fongiques potentiellement impliquées dans la manifestation des symptômes dans les organes pérennes et le feuillage, en attribuant souvent un rôle marginal à la contribution apportée par le génotype de la vigne et/ou du porte-greffe au développement de la maladie. À ce jour, aucune variété n’est connue pour être résistante à l’esca malaria, mais dans les mêmes conditions pédoclimatiques, certaines variétés sont moins sensibles à la maladie, ce qui se traduit dans certains cas par une absence quasi totale de symptômes pendant des périodes pouvant aller jusqu’à plusieurs dizaines d’années. Au cours du webinaire, certains des résultats les plus significatifs seront présentés. Ils sont le fruit de la surveillance que le VCR effectue depuis 2006 dans les vignobles situés au Centre VCR de Marze à Fossalon di Grado (GO), sur une superficie de 136 hectares, qui abrite plus de 800 variétés de raisins de cuve, de raisins de table et de porte-greffes. Ces vignobles ont été plantés avec des boutures racinées de la catégorie « basic », qui correspond au niveau sanitaire le plus élevé attribué au matériel de multiplication de la vigne, conformément à des protocoles communautaires et nationaux stricts. Le Centre VCR Marze de Fossalon est situé à 3 km de la mer Adriatique, sur un terrain autrefois utilisé pour des cultures arables, dans une position isolée par rapport aux vignobles les plus proches. Les résultats du suivi effectué depuis des décennies dans ces installations soutiennent la thèse selon laquelle, dans le même environnement de culture, le génotype joue un rôle crucial dans l’étiologie de la malaria esca, indépendamment du type de greffe et de clone adopté : nous redonnons à l’hôte le poids qui lui revient dans la pyramide de la maladie.
Innovations en matière de recherche pour la caractérisation, la prévention et le traitement du syndrome de l'appât
Luca Nerva, CREA Conegliano Veneto
Maladie du leurre : nouvelles perspectives et outils innovants issus du monde de la recherche
Ces dernières années, plusieurs études ont proposé des solutions innovantes pour le contrôle de la maladie de l’appât, en mettant l’accent sur le traitement et la prévention du syndrome. Le CREA-VE de Conegliano (TV), en collaboration avec les pépinières coopératives de Rauscedo, développe une série de lignes de recherche sur le sujet. Dans ce sens, une première expérience a été activée qui concerne le traitement des vignes par l’application d’une technologie de dernière génération définie comme l’interférence ARN, afin d’induire une réponse de défense dans la plante. Une deuxième ligne de recherche a impliqué non seulement les pépinières coopératives Rauscedo et CREA-VE, mais aussi l’Université de Parme, avec laquelle de nouvelles molécules basées sur l’acide jasmonique ont été développées. Ces molécules ont été testées pour leur capacité à ralentir la colonisation des tissus ligneux par les champignons impliqués dans le syndrome de l’esca. Les premiers résultats ont montré que tant par interférence ARN que par l’utilisation d’une des molécules d’acide jasmonique, il est possible de bloquer la croissance des champignons dans les tissus des plantes affectées par la maladie de l’appât. Des recherches visant à mieux comprendre les réponses physiologiques et moléculaires, ainsi qu’une analyse visant à définir l’impact de ces technologies sur la microflore endophyte sont actuellement en cours.

